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Mardi 8 avril 2008

-        Pourquoi tu ne dis rien meriem ?

-        Tu aimes ma quiche au saumon ?

-        Seculente ma chérie ! Tu ne manges pas?


je ne te regarde pas, et lâche d’une voix absente :


-
       
Peux tu débarrasser la table avec toi

 

Je me lève et me mets en face de la télé, le son de la boite en couleurs meublait le vacarme de notre silence….

 

Au bout d’un moment je t’ai senti t’assoir à côté, je fixais obstinément les images qui défilaient sur cet écran noir, d’un geste machinal je te tends la télécommande…… tu reviens à la charge

 

-        qu’est ce que tu as meriem, tu me fais la tête ?

-        non je suis juste fatiguée

-        veux tu un massage ?

-        malheureusement là ou j’ai mal aucun massage ne peux l’atteindre

-        t’aimes t’entendre dire les grandes phrases ma puce, tu le dis en déposant un tendre baiser dans mes cheveux

 

T’avais cette voix que tu utilises quand tu parles à ta petite nièce de 5 ans….. tu étais en communion avec la télécommande, croyant avoir résolu le problème par une phrase, une boutade, une caresse, un baiser….

 

Voix off : j’aime ton corps, j’aime l’étreindre j’aime que je sois à lui…… j’aime quand au bout milieu de la nuit tu m’attires contre toi…… ton corps me dit ce que ta langue ne me murmure plus ne me clame plus…… je déteste cette façon machinale que t’as de m’appeler ma chérie, mon cœur ou mon amour……je hais le « je t’aime » lancé comme on jette des bouts de pain à des pigeons conditionnés……

 

Tu détournes les yeux vers moi et me fixe j’ai presque l’impression que tu as entendu ma litanie intérieure, mais tu ne dis rien

 

Je me suis levée et me suis assise sur la table basse en face de toi t’empêchant de voir la télé

 

-        demain je pars

-        t’as un tournage hors casa ?

 

Tu essayais d’apercevoir la télé, plus attiré par les infos sportives que par le glas que le ton de ma voix sonnait

 

-        Non demain je te quitte

 

Je me rappellerai toujours cet instant précis : t’as retenu ton souffle tes yeux s’écarquillaient, tu me fixais comme si tu me voyais pour la première fois, t’avais ce même regard que  quand t’es au seuil de l’explosion et que t’attend de me rejoindre sur les rivages du plaisir

par meriame tout court publié dans : Divagation
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Lundi 10 mars 2008
Je ne me sens chez moi que dans l’antre de Casablanca….. y’a des gens à qui Casablanca fait peur, moi j’ai peur pour elle, quand on lui fait mal, quand elle est lynchée….. je l’entends gémir parfois la nuit, très tard lorsque les rues sont désertées et que les étoiles deviennes des larmes de femmes….
 
Cette nuit c’est moi qui ai mal, un mal profond comme si la douleur revenait pour me rappeler que mon sourire toujours fêlé, comme si la vie voulait me rappeler que je suis marquée au fer rouge du mal de vivre, et que je saignerai à vie ….
 
J’ai cessé de douter, me suis laissée aller au luxe de d’être une femme ordinaire……
 
Je ne dors pas, je suis à ma fenêtre, j’ai froid mais je préfère la compagnie de Casablanca que me retrouver au chaud sous mes couvertures à combattre mes démons…… et pourtant j’ai presque envie de partir, de tout laisser derrière moi et reprendre la route vers l’inconnu, l’aventure…..je suis amazigh mes ancêtres étaient des nomades ai-je tenu cela d’eux ? ou simplement est ce mon incapacité de gérer la stabilité ?
 
par meriame tout court publié dans : Divagation
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Dimanche 23 décembre 2007

L'habitude est une disposition acquise, relativement permanente et stable, qui devient une sorte de seconde nature.

Voici la définition donnée par une encyclopédie, quant à moi je pense que l’habitude est contre nature, une sorte de substitution à la vraie vie, une façon d’abolir la raison et de s’abandonner à une impression du « connu »…… par peur du « nouveau », on s’habitue à tout avec le temps : un rythme de boulot effarant, une vie désordonnée, le goût fade des boissons chimiques …. On devient une sorte de créature qui accepte sans rechigner le manque de la qualité de vie, et le pire on trouve cela normal….

Professionnellement on qualifie cela de capacité d’adaptation! on s’enorgueillit même de dire : « je jongle avec des dossiers, je suis débordée, j’ai un planning surchargé, mais je gère,  je n’ai pas le choix »…..le boulot, ou le « surboulot » devient un mode de vie, ou plutôt de non-vie…. Est-ce une forme de dépression ? l’ultime solution trouvée pour camoufler le champ de ruine de nos vies ? 

En matière de relations amoureuses, l’habitude est tout simplement une douce tentative de suicide…. on devient dépendant de cette relation boiteuse, qui nous rapporte une satisfaction éphémère, et nous fait perdre le vrai gout d’être à deux……à la question « est ce que je l’aime ? » le « Non » fuse catégorique, et pourtant on  arrive difficilement à rompre avec une personne à laquelle on s’est habituée….

L’addiction à un être humain est souvent aussi vicieuse que l’accoutumance aux drogues, des réflexes biaisés, des gestes familiers mais qui manquent de toute spontanéité, guidés seulement par un rouage psychologique torturé….

Le pourquoi du comment ? la peur de se lancer dans le vide, la peur de la solitude…… alors on fait avec ce qui est disponible, on se convainquant que ce que nous vivons est unique à nous, et qu’il nous satisfait……

Anesthésié avec le faux on travestit le vrai pour se donner l’illusion qu’on maitrise notre vie ……

par meriame tout court publié dans : Divagation
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