Mon père ce grand homme
Quand je suis arrivée à Agadir j’avais pris l’habitude d’écrire à mon père de longues lettres pour parler de mon quotidien de mes angoisses et de mes espérances, et puis un jour j’ai cessé de le faire … Dans ces lettres je couchais noir sur blanc mes états d’âme et mes émois vécus en ces débuts de la film industry, parc que c’était particulièrement pénible au commencement, très éprouvant émotionnellement : j’avais quitté ma ville, mes amis, mon entourage pour me lancer dans une aventure sans repères précis, sauf celui de ma passion pour mon métier, j’étais complètement dépaysée à l’autre bout du Maroc ne connaissant personne, détestant la ville au début, rêvant de casa les yeux ouverts, j’étais en mal de mon monde à Moi ! Alors écrire à mon père me réconfortait, c’est un vieux rituel chez moi, transcrire toutes mes peurs et mes doutes dans une lettre adressée à mon père, des fois je les lui donnais et souvent je les rangeais dans un tiroir, mais juste le fait de m’adresser à lui « virtuellement » m’apaisait et me donnait l’élan pour aller de l’avant … Mes lettres ont cessé un jour par orgueil mal placé, et pourtant dans ma tête les discours à mon père peuplent mes journées, ce contact m’est viscéralement indispensable, non pas que j’ai besoin de sa bénédiction non ! mon père m’a éduquée dans un esprit de responsabilité et d’autonomie, mais j’ai besoin de le sentir proche pour un réconfort et un soutien. Gosse et adolescente je lui parlais des heures en utilisant comme il aimait dire des « grandes expressions tragiques » : ), avec l’âge je lui parle moins peut être mais je le sens plus, et l’écorchée-vive que je suis a toujours comme rêve de « rédemption » d’apercevoir cette lueur de fierté dans les yeux de son père